Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /Juil /2010 19:35

La pub est gerbante, on le sait, mais à force on finit par s'y faire. C'est même ça qui est si dégueulasse, comment peut-on s'habituer à ce déballage d'injonctions aussi débiles que contradictoires, maigrissez, allez chez Mac Do, aimez la nature, achetez-vous un appart dans ce nouvel immeuble et une Audi à seulement 120000 euros.

 

Dans la pub comme ailleurs, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Il suffit de regarder et d'analyser un peu cette affreuse affiche de la campagne 2010 de 30 millions d'amis contre les abandons d'animaux.

 

Que voit-on ? Une petite fille qui s'appelle Léa et son petit chien qui s'appelle Benji, et l'on nous dit benoîtement que l'un des deux va être abandonné sur l'autoroute cet été. Sous-entendu, pour les nuls qui ne comprennent pas la finesse du message, ça pourrait être la petite fille, mais ça sera sans doute le petit chien, mais c'est égal, un chien c'est comme un enfant et vice-versa. Les salopards qui laissent leur chien sur une aire d'autoroute seraient bien les mêmes qui attachent leurs gosses à un radiateur pour aller au cinoche, hein !

 

Il y a quelques années une agence de voyage, ou une compagnie aérienne (je ne sais plus) avait également procédé à une campagne absolument dégueulasse où l'on voyait un gros plan d'une personne assez moche (un type tout maigre avec une tignasse rousse, ou un petit chauve grassouillet) avec écrit "ce n'est pas le moment de le laisser tomber", pourquoi, eh bien parce que le billet d'avion (ou de train décidément je ne sais plus) était à moitié prix si l'on partait en couple. D'où il ressortait, toujours pour les gros nazes, qu'il était bien évident que l'on n'avait aucun intérêt à sortir avec cette personne moche, attendu qu'elle était moche et que les moches n'ont pas le droit que l'on s'intéresse à eux, si ce n'est pour en tirer un avantage pécunier. Et qu'en plus, il serait toujours temps de larguer le mec en question lorsque le billet d'avion serait acheté et consommé. Bravo.

 

Pour se justifier, les porcs (ce sont des animaux, alors hein) de 30 millions de crétins nous expliquent: "en plaçant sciemment sur le même plan la jeune fille et le chien, et en laissant planer sur eux le même doute, la Fondation 30 Millions d’Amis souhaite – cette année encore – frapper les esprits et attirer l’attention du public sur la nature d’ « être sensible » de l’animal..."

La Fondation m'a surtout frappée par la profondeur de sa connerie et par son mépris pour ce qui fait AUSSI la nature de l'être humain: la générosité, l'amour, la fraternité, toutes ces choses qui font qu'on n'est pas... des chiens.

Par grouillotdebase - Publié dans : m'énerve
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Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 18:00

J'ai un tout petit peu honte d'avoir fait des enfants. Attention, je n'ai pas honte de mes enfants, je suis même atteinte de cette espèce d'inusable fierté devant tout ce qu'ils peuvent dire ou produire et qui les surclasse devant tous les autres, ce qui est sans doute le comportement attendu.

Par contre, j'ai un tout petit peu honte quand même d'avoir ainsi accru les effectifs de l'humanité qui, me dit-on, dépasse maintenant le chiffre de 6 milliards et demi. Heureusement que je n'en ai que deux, et que mon âge ainsi que d'anciens traitements agressifs m'empêchent d'envisager d'en pondre un troisième.

 

Pas tellement que je m'inquiète pour notre planète: elle a vu pire et si ça tourne mal, c'est nous qui sommes à plaindre. Si ça tourne mal, c'est-à-dire, si on continue sur cette belle voie de garage: l'asservissement à une économie dont on a définitivement oublié qu'elle était censée nous apporter bien-être, prospérité, liberté alors qu'elle nous a rendus esclaves, pauvres et malheureux. On a quand même le chic pour s'inventer des dieux qui nous emmerdent, faut le reconnaître.

 

Il y a quelques jours, intéressée par une conférence sur l'économie minière (rigolez pas, ça existe), j'ai entendu un type tout fier de nous dire que dans 15 ans on ferait des trous partout afin d'extraire tous les métaux possibles et imaginables pour satisfaire les besoins des masses paysannes exilées de leur cambrousse et avides de téléphones portables, GPS et autres systèmes de repérage sans lesquels il n'est pas de bonheur terrestre envisageable. Il parlait des chinois, surtout, en nous expliquant doctement qu'à cette échéance l'empire du milieu pompera à lui seul la totalité de la production actuelle de métaux rares. Et il trouvait ça bien.

 

A la fin, j'avais envie de tout envoyer péter, de balancer mon portable aux orties, ainsi que mon ordi, ma bagnole, ma télé, le lave et le sèche-linge et de partir faire pousser des chèvres sur le Larzac.

 

En définitive, j'ai surtout un petit peu honte d'avoir propulsé dans ce merdier deux petits êtres auxquels j'ai eu la faiblesse de m'attacher, ce qui rend ces perspectives d'avenir d'autant moins reluisantes.

Par grouillotdebase - Publié dans : m'énerve
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 13:43

Si je n'avais pas opté pour une carrière scientifique, j'aurais fait camionneuse. C'est vrai, rien ne me plaît plus que de voyager seule, et ce plaisir est décuplé lorsque c'est moi qui conduis. En voiture, donc, puisque si je voyage seule c'est forcément moi qui conduis, on est d'accord, alors que dans un train ou dans un avion, même si je ne connais personne je ne suis pas vraiment seule, et en plus je suis à la merci du type qui tient le volant (ou le manche, mais c'est égal).

Alors que la voiture, c'est le pied. Seule dans ma voiture, je suis la reine de l'asphalte, et tant pis pour le co-voiturage et toutes ces conneries écolo, moi j'aime écouter des chansons débiles à la radio et brailler de concert, j'aime insulter les cons qui roulent devant moi, j'aime parler toute seule pour me raconter des histoires, j'aime rouler la nuit (pourtant je ne vois rien la nuit) quand tout le monde dort, j'aime prendre des petites routes que personne ne connaît, j'aime manger toute seule dans les snack pas bons des aires d'autoroute.

Et en camion ce serait encore plus le pied, parce que la cabine est très très haute et qu'on domine la route tellement qu'on a l'impression de dépasser des pointillés, parce que le pare-brise est très très grand, les sièges super-confortables et que le moteur fait du bruit.

Je le sais parce que je suis déjà montée dans un gros camion lors d'une soirée qui avait pourtant mal tourné: j'avais à peine le permis et je rentrais du mariage d'une amie dans le Var, dans la nuit, habillée en vraie niçoise de sortie, à bord de ma R5 société repeinte de mes mains en rose églantine, 150000 km au compteur, sièges en skaï et tout. Evidemment cette salope (la R5, pas mon amie) a décidé de tomber en panne d'alternateur au milieu de la nuit et de l'autoroute (Yes ! Un zeugma, j'adore). Donc plus de jus, plus de lumière, plus rien, obligée de me coller sur la bande d'arrêt d'urgence avec un véhicule invisible, de m'extirper de là et de marcher avec mes pieds douloureux dans mes escarpins pointus pour trouver une borne de secours. En pestant "salope, salope, salope", vers ma R5 qui de toute façon ne se voyait même plus. Là-dessus, arrive un camion qui se gare pile derrière mon véhicule en l'éclairant de tous ses phares. Ah, me dis-je, les choses prennent une drôle de tournure. Du camion descend un... camionneur, que plus typique tu meurs, le Roger avec ses 50 balais et son marcel, et un petit chien. Je me suis dit que de toute façon je ne pouvais pas maîtriser grand-chose de la situation, et je lui ai dit bonjour et lui ai expliqué ma détresse, en espérant qu'il ne lui vienne pas l'envie d'en profiter. Eh ben non, heureusement. Il a tout de suite appelé un dépanneur avec un téléphone rigolo qui disait les numéros quand il appuyait dessus, puis il a appelé les gendarmes d'autoroute, et là je me suis dit que je ne risquais plus d'être violée et étranglée, en tous cas pas tout de suite. Je me rappelle d'une conversation surréaliste avec des jeunes gendarmes absolument babas que j'aie le bac.

Ensuite, le Roger m'a proposé de me ramener à l'entrée de Nice, en me disant qu'il ne pouvait pas faire plus attendu que les gros camions n'ont pas le droit d'entrer en centre-ville. Trop contente, j'ai accepté et j'ai fait le voyage sur le siège passager hyper confortable d'une cabine très très haute d'un gros camion frigo, et Dieu n'était pas mon cousin.

Pour finir, comme Roger était vraiment un routier sympa, il a, au mépris des lois, traversé tout le centre-ville de Nice en pleine nuit avec son énorme camion pour me déposer pile-poil devant la porte de chez moi. J'étais Cendrillon.

 

 

 

Par grouillotdebase - Publié dans : petites victoires sur le néant
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 13:27

Finalement, je me demande si le cheval pré-cité ne va pas redevenir un moyen de transport tendance. Parce que la semaine dernière, voyez-vous, je devais me rendre ("descendre", comme on dit) dans ma patrie niçoise, pour un rendez-vous-professionnel-hyper-important-prévu-de-longue-date.

Je ne suis pas une adepte de l'avion. Pour tout dire, j'ai encore du mal à comprendre comment ces engins de quelques dizaines de tonnes peuvent tenir en l'air, même quand on m'explique. Donc, généralement, j'opte pour le billet de train. Et sans mentir, une fois sur deux je me trouve empêtrée dans une grève, à devoir changer mes billets in extremis ou voyager sans place fixe dans un wagon sur-peuplé.

Donc ce coup-ci, en fille prévoyante, je m'étais acheté des billets d'avion, présumant du fait que les personnels de l'aéronautique sont nettement moins enclins au débrayage que les cheminots. C'était sans compter sur le facteur poisse, scoumoune, mauvais oeil et tous les avatars de la loi de Murphy qui ont voulu qu'un pauvre volcan avec son nom à la con (comme tous les noms islandais) mette son nuage de merde en travers de ma route.  J'ai attendu en croisant tous les doigts jusqu'au jour où mon vol a été annulé comme tous les autres.

Alors je me suis rabattue sur mes premières amours, le train. Sauf qu'il était en grève. Enfin pas le train, qui s'en fout, mais les cheminots de la SNCF, donc plus de réservation possible. Ahhh, ça devenait sport. Restait la voiture, 9h de bagnole pour un rendez-vous, faut aimer ça (entre nous j'aime ça, j'en reparlerai).

Mais d'un seul coup d'un seul, ma malchance a fait une pause et j'ai pu, dans un créneau horaire de 15 minutes, réserver un billet de train (à un prix prohibitif, mais faut bien faire des affaires sur le dos des vacanciers) et partir sans souci. Dans un wagon blindé de monde, mais moi j'avais ma place.

Je sais bien qu'un cheval m'aurait pris plus de temps.

 

Par grouillotdebase - Publié dans : m'énerve
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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 15:37

A force de me taner avec ses poneys, qui ont à peu près les mêmes prénoms que ses copines, tellement qu'il faut que je sache si elle monte dessus pour déterminer qui est qui, la poulette a fini par m'intéresser à ce drôle d'animal placide et fort qu'est le cheval. Elle m'a appris les noms des robes, mais j'ai encore du mal surtout avec "aubère" et "isabelle". Les races aussi, je sais faire la différence entre un frison et un camarguais par exemple - fastoche, y'en a un noir et un blanc. Pardon, un bai brun hyper hyper foncé et un gris. J'ai acquis un peu de vocabulaire en matière de saut d'obstacles, je crois même faire la différence entre un oxer, un droit, et un croisé.

Alors quand même.

Tout ça pour dire que si jamais quelques dizaines de milliers d'euros me tombaient du ciel, je me mettrais même à songer à acheter un pré avec une de ces grosses bestioles dedans, juste pour moi. Et, puisqu'on a le droit de rêver, je sais déjà que je n'achèterais pas un de ces chevaux délicats et graciles, rapides certes, mais dont on se demande à chaque instant s'ils ne vont pas se briser sous leur propre poids. Non, j'aimerais avoir un bon gros cheval de trait, un géant avec sa tonne, son air languide et son mètre soixante-dix au garrot. Le week-end dernier en se promenant avec la petite, s'est arrêtées devant un pré où une de ces énormes bêtes prenait l'air et sa ventrée d'herbe habituelle. Prévoyantes, on avait pris du pain sec, plusieurs demi-baguettes. En nous voyant, l'animal s'est approché et il est devenu véritablement énorme, avec des paturons du diamètre d'une pizza, une croupe large comme mon canapé et une démarche lente et puissante, comme s'il avançait au ralenti. Il n'a pas voulu s'approcher trop près car il y avait une clôture électrique qui lui faisait peur (on peut comprendre). On lui a lancé les demi-baguettes, et il a penché sa grosse tête jusqu'au sol et les a croquées d'un seul coup, comme on aurait englouti une saucisse cocktail. Tout le pain y est passé en deux minutes. Quand ce fut fini, le géant a levé la tête, et de son pas de scaphandrier il est retourné au milieu du pré pour y brouter, l'herbe étant sans doute meilleure là qu'ailleurs.

 

Mais voilà, rien ne tombe du ciel et je me contente d'un animal autrement plus indocile, le chat, qui a tout de même l'avantage de pouvoir me réchauffer les genoux sans que je meure écrasée.

Par grouillotdebase - Publié dans : riens
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